Vitrac

(30 / 01 / 2012)

 

1. Localisation (Aquitaine, 24 - Dordogne)

 

A Vitrac (24200) (D703) (altitude 140 m), commune située à quelques km de La Roque Gageac, à 7 km au Sud Est de Sarlat la Canéda (24200) et près de Carsac-Aillac. Le château de Montfort a donné son nom à un hameau, village ou lieu-dit, de cette commune.

 

Le « village perché » de Montfort, aux toits de lauze, est un site inscrit.

 

2. Description

 

Le château (en grande partie XIIIème - XVème, classé MH) est ancré sur une paroi rocheuse et domine un cingle (boucle encaissée) de la Dordogne, appelé « cingle de Montfort ». La construction présente un bel ensemble de fortifications. Une partie des bâtiments est située en surplomb au-dessus de la Dordogne.

 

Assorti d'un triple rempart, le château épouse la forme de la falaise qui lui sert d'assiette. Dénué de symétrie, il développe, du côté de la Dordogne, une façade sobre flanquée d'un robuste donjon à machicoulis. Vers le bourg, ce donjon épaule un logis du XVème et une tour polygonale.

 

L'escalier d'entrée, encadré de statues, conduit à un châtelet précédant une cour intérieure dont la tour polygonale est dotée d'un crénelage anachronique, et la tour circulaire est coiffée d'un lanternon germanique. Des loggias à l'italienne, insolites, déparent l’ensemble.

 

Le château actuel, fut en effet très restauré (XIXème) par Gamot, fabricant de rhum réputé, qui en était alors propriétaire. Un de ses propriétaires a cherché (années 1980) à lui restituer son état ancien.

 

2.1. Vues d'ensemble

 

* Maquette d'ensemble (au 1 / 100ème) de la forteresse (source  : musée des maquettes à Saint Privas des Prés, 24 - Dordogne)

 

* panoramas divers (cartes postales anciennes) : A, B, C, D ;

 

* autre panorama (vue dpuis le Nord) et photographies anciennes du cingle (A, B) (source Photothèque du Patrimoine) ;

 

* cartes postales anciennes du cingle (A, B) ;

 

* vue aérienne sur le cingle de Montfort.

 

2.2. Vues lointaines Nord Sud (photographies d'août 2007) : A, B, C, D, E.

 

2.3. Vues des murailles Nord

 

* donjon (photographie des années 1980) ;

 

* murailles, porche et soubassements (photographie des années 1980) ;

 

* murailles Nord vues du côté Ouest ;

 

* autres vues des murailles Nord (photographies d'août 2007) : A, B, C, D, E.

 

2.4. Surplomb vers le Sud

 

Partie de l'édifice en surplomb sur la Dordogne : photographie des années 1980 et vue récente du surplomb (août 2007).

 

2.5. Vues lointaines depuis le Sud : A, B, C, D.

 

2.6. Vues du cingle de la Dordogne, en contrebas : A, B, C, D, E.

 

3. Histoire

 

Cité depuis le XIIIème, le château de Montfort était le fief des Cosnac (Casnac, Cazenac). Il fut le repaire du sanguinaire seigneur Bernard de Cosnac, gendre de Raymond III, vicomte de Turenne. Lors de la croisade en Albigeois, la forteresse fut prise (septembre 1214) et détruite par les croisés de Simon de Montfort pour donner suite à des plaintes formulées par des habitants.

 

Bernard de Cosnac en reprit possession l'année suivante. Selon la Chanson de la croisade (version Martin-Chabot), il contribua efficacement à la résistance de Toulouse, lors du siège de 1218, en y conduisant (avant le 7 juin 1218) des renforts. Son nom occitan (« Bernat de Casnac ») y est traduit par Bernard de Cazenac (page 61).

 

Il n'existe cependant aucune autre relation connue entre le nom de Simon de Montfort et ce château de Montfort, cette homonymie semblant fortuite.

 

Fief des Turenne, le château fut souvent assiégé, pris et rebâti durant les guerres anglaises : il fut détruit et reconstruit cinq fois entre 1214 et 1606. Au XVIème, les Turenne se firent Huguenots et leur demeure devint un haut lieu du protestantisme. Le roi ordonna (1607) sa destruction, sans aboutir. Au XVIIIème, Montfort était dévenu un comté (Florenty, Bardet et Motte).

 

4. Héraldique et généalogie (d’après le Grand armorial de France)

 

4.1. Cosnac (rectificatif à la notice n° 11276)

 

Branche aînée éteinte.

 

7° degré, lire : Louise de Gimel (et non Ginel).

 

17° degré, après : ne laissa qu'une fille, lire : de Françoise Zoé Vernin d'Aigrepont.

 

Branche cadette :

 

11° degré, lire : Antoinette de Plas (et non du Plat).

 

17° degré, 3° ligne, lire : Marie Anne de Lostanges Sainte Alvère (et non Saint Aulaire).

 

Complément à la même notice :

 

18° degré : branche aînée : Gabriel Honoré épousa (1783) Agathe Guillaume de Chavaudon, et mourut sans postérité.

 

17° degré : Gabriel Joseph, marié (1768) à Françoise Darnal de Neugelles qui lui donna Jean Baptiste, admis aux écoles militaires (1781), allié à Marguerite de Vassal du Marais, d'où postérité.

 

Branche cadette. Avant dernier degré : Gabriel Anne, dit le vicomte de Cosnac, marié (1746) à Jeanne Louise de Geoffre de Chabrignac, d'où descendance.

 

(N.H. 105. Actes d'état civil et de catholicité).

 

7.2. Montardy (Périgord)

 

Armes : « écartelé, au 1 d'or à l'arbre arraché de sinople, au 2 d'azur à 3 fleurdelys d'or rangées en fasce, au 3 d'azur au chevron d'or accompagné de 3 croissants du mesme, au 4 d'or à l'aigle éployée de sable languée et onglée de gueules ».

 

24241. Seigneur du Pré, du Pécuyerat, de Montfort. Un conseiller secrétaire du roi (1716). Branche de la Palurie anoblie (1777) (A. de Froidefond).

 

8. Toponymie

 

9.1. Le toponyme ancien est Monsfortis. Selon Gourgues, une lettre (866) de Nicolas Ier à l'abbé de Sarlat le désigne déjà sous le nom de castrum de Monte Forti. C'était ainsi une ancienne terre noble et une châtellenie, réunies, au XIVème, à celle d'Aillac. Le fief avait haute justice sur Aillac, Carsac, Caudon, Proissans, Ste Nathalène et St Vincent, et il dépendait de la vicomté de Turenne.

 

9.2. Une commune du nom de Montardit est située en Ariège (09230). Cosnac est la seule ville de ce nom, située en Corrèze (19360), ainsi que Turenne (19500). On trouve aussi un Vitrac dans le Cantal (15220) et dans le Puy de Dôme (63410), ainsi que Vitrac en Viadene en Aveyron, (12420).

 

9. Bibliographie

 

Bosredon Philippe de -, « Sigillographie du Périgord », Imprimerie Dupont et Cie, Périgueux, 1880

Page 147 (n° 234), Noailles : Adrien Maurice, duc de -, comte de Montfort, Aillac et Carlux (sceau de 1726)

 

Bosredon Philippe de -, « Supplément à la Sigillographie du Périgord », Imprimerie Dupont et Cie, Périgueux, 1882

Page 76 (n° 574), La Tour d’Auvergne : Elisabeth de Nassau, veuve de Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne, duc de Bouillon et comte de Montfort (sceau de 1642), fille de Guillaume de Nassau, prince d’Orange, et de Charlotte de Bourbon-Montpensier, mariée (16 avril 1595) à Henri de La Tour

 

Delpeyrat Jean Baptiste, « Montfort », in Glaneur, journal de l'arrondissement de Sarlat, n° du 23 juillet 1882 (tirage à part en 1883)

 

Florenty Guy, Bardet Jean Pierre et Motte, Claude « Paroisses et communes de France. 24, Dordogne » (démographie historique), Editions du CNRS, Paris, 1996

 

Gourgues Alexis de - (1801 - 1885), « Dictionnaire topographique du département de la Dordogne : comprenant les noms de lieu anciens et modernes », Imprimerie nationale, Paris, 1873

 

Société historique et archéologique du Périgord, « Bulletin », Dupont, Périgueux

Année 1880, page 186 : « Liste ancienne des gentilhommes taxés en Périgord. Diocèse de Sarlat »

Fascicule 1881, pages 409 et suivantes : « Note sur le troubadour Raymond Jourdan et sur Alix de Montfort ») : L’histoire a uni leurs noms. Raymond, vicomte de St Antonin (aujourd’hui chef-lieu de canton du Tarn et Garonne), devint chevalier servant de la dame de Montfort, d’une façon bien romanesque ... ’’ Il aimait, nous dit l’Histoire littéraire de la France (tome XV), la femme du vicomte de Pena (Pennes), l’un des principaux barons de l’Albigeois, et il en était aimé. La guerre vint troubler cette union. Raymond fut blessé dans un combat contre quelques-uns de ses voisins. On le rapporta presque mourant à St Antonin. Le bruit de sa mort parvint à la vicomtesse, dont la douleur fut si vive qu’elle entra précipitemment dans un cloître. Raymond guérit et, désespéré à son tour de la résolution de sa maîtresse, il se retira du monde, ne fit plus ni vers ni chansons et se livra pendant un an à la plus noire mélancolie. Il en fut retiré au bout de ce temps par Elise de Montfort, fille du vicomte de Turenne et femme de Guillaume de Gourdon. Elle s’offrit à lui avec une grande franchise, fut acceptée, et le troubadour retrouva auprès d’elle sa bonne humeur et son talent’’. Tous ceux qui ont été conduits à rappeler cette histoire se sont demandés à quelle époque il fallait en faire vivre les héros ; mais ils ont différé d’avis sur la date la plus convenable. Ni la généalogie des vicomtes de Turenne, ni celle des seigneurs de Gourdon ne leur ont donné la clef de l’énigme, qu’une connaissance plus parfaite des documents publiés sur le Périgord leur eût sans doute révélée. M. Dessalles, dans son ’’ Histoire du Bugue ’’, cite quelques fragments du polyptique de l’ancienne abbaye, à propos de l’incendie du moutier par Guillaume de Gourdon. L’événement se passa entre 1160 et 1169. Le pape Alexandre III et le roi Henri II d’Angleterre, duc d’Aquitaine, obligèrent Guillaume à faire amende honorable »

Année 1884, page 400 :  G. Marmier, « Le papier timbré de Montfort ». Page 401 : Ph. de Bosredon, « Observations sur le papier timbré du comté de Montfort ». Page 412, « Les marques du papier timbré de Montfort » (cf comté de Montfort, vicomte de Turenne)

Année 1900, pages 270 à 281 et 357 à 367 : R. de Boysson, « Les deux expéditions de Simon de Montfort en Sarladais »

 

Torre Michel de la -, « Le Guide des châteaux de france, Dordogne », Le méridional, Hermé, 1985 (première édition : Berger-Levrault, 1981)

 

Torre Michel de la -, « Guide de l'art et de la nature, 24 - Dordogne », Berger-Levrault Editeur, 1979

 

Sites Internet

 

http://pagesperso-orange.fr/mairie-vitrac/ (commune de Vitrac)

http://www.sarlat.fr/ (commune de Sarlat)

http://www.ot-sarlat-perigord.fr (office de tourisme de Sarlat)