Montfort sur Risle

(16 / 07 / 2015)

 

1. Localisation (Haute Normandie, 27 - Eure)

           

Montfort sur Risle (27290) (D 130) est un village situé à quelques 20 km au Sud Est de Pont Audemer (27500) et 13 km au Sud Ouest de Bourg Achard.

 

L’abbaye du Bec Hellouin (27800) est située à quelques km plus amont dans la vallée de la Risle.

 

Montfort (cartes postales anciennes) : vallée de la Risle, village vu du pont et la Risle côté Nord.

 

2. Description

 

Montfort sur Risle contient notamment :

 

* les vestiges d’un château fort du Moyen Age, construction du XIIème (propriété privée rachetée par la commune, IMH) située sur une colline dominant le village (cf Roy).

 

* une église paroissiale contenant une Vierge à l’enfant, ainsi qu’une pierre « miraculeuse », toutes deux provenant de l’ancienne chapelle, ou abbaye royale de ND de Montfort.

 

Panneaux d'information près de l'église : A, B.

 

2.0. Les diverses analyses du site

 

2.0.1. Un premier mémoire (Gerville, 1824) portait sur les anciens châteaux du département de la Manche (extrait du mémoire), dont ceux situés dans l’arrondissement de Valognes, et particulièrement celui de Briquebec. Ce mémoire présentait une histoire succincte des liens de Briquebec avec Montfort.

 

2.0.2. Un essai historique et archéologique sur l’arrondissement de Pont Audemer (Canel, 1834) ajoute divers éléments nouveaux (extrait de l’essai).

 

2.0.3. Peu après, une analyse de fond du site fut réalisée, notamment aux plans archéologique et historique, par la Société française pour la conservation des monuments (Philippe-Lemaître, 1855).

 

Cette étude a ainsi permis de dresser un plan de situation de l'ensemble des vestiges féodaux.

 

2.0.4. Vers 1909, Guébhard publia « Les Camps de la Risle, Eure, par Léon Coutil », contenant diverses informations sur l’histoire et la topographie du site.

 

2.0.5. Dans les années 1980, l'ensemble de la forteresse a été représentée par une maquette à but pédagogique (source : bulletin communal). Cette maquette correspond cependant assez peu avec le plan précédent (détail) ainsi qu’avec la restitution volumétrique émanant de l’Association Montfort, Culture et Patrimoine (AMCP : http://www.amcp27.fr/), dont l’un des objets est l’histoire et l’archéologie du site.

 

Plus récemment, l’AMCP a conçu une visualisation commentée du site :

 

* cf http://www.amcp27.fr/post/2015/07/Le-chateau-de-Montfort-sur-Risle2.

 

2.1. Le château

 

Les ruines de l’ancien château sont aujourd’hui très distinctes, ayant été massivement dégagées durant les années 2005-2010.

 

2.1.1. Photographies des années 1980

 

* fossés extérieurs et intérieurs, courtines (A, B, C) flanquées de tours, appareil mixte (pierres travaillées - petit appareil calcaire cubique - ou naturelles - silex). Elles peuvent cependant être dangereuses, car friables (pierre gélive), et menacent de s'effondrer par endroits ;

 

* donjon et vestiges (cartes postales anciennes) : A, B ;

 

* donjon d'environ 20 m de diamètre au centre de la cour, en face du chemin d’accès situé avant le fossé : (A, B) ;

 

* embase du donjon et ouverture basse.

 

2.1.2. Photographies de 2007 :

 

* vues depuis l'entrée : A, B ;

 

* fossés (vers la gauche de l'entrée) et courtine (vers la droite de l'entrée) ;

 

* vestiges du donjon : de face, et vers l'arrière ;

 

* tour, cour et tour, cour et courtines (A, B, C, D) ;

 

* vues des courtines : A, B ;

 

2.3. L'investigation du site du château

 

Une fouille de sauvetage fut programmée (1978) (responsable bénévole : Claude Gille). Aujourd’hui, l’Association Montfort, Culture et Patrimoine est en charge de divers travaux sur le site médiéval du château : conservation, consolidations et sondages préalables à des fouilles archéologiques systématiques. L’étude d’ensemble (technique, architecturale et culturelle) a été confiée au cabinet H2O Architectes.

 

2.4. L’église

 

* carte postale ancienne ;

 

* ensemble et clocher (A, B) (photographies de 2007).

 

* statuaire de l’église : (a) statue provenant de l’ancienne chapelle de ND de Montfort (Vierge à l’enfant en bois du XVème, polychromie du XIXème) : Ex voto, notice et légende de ND de Montfort ; (b) Pieta, ou Mater dolorosa (groupe en pierre du XVIème, polychromie du XIXème) et sa notice.

 

2.5. La chapelle royale de ND de Montfort

 

Ce monument remarquable n’est connu qu’à travers une gravure (1615) de Claude Chastillon et une étude de 1909 :

 

* exemplaire de la bibliothèque de Rouen ;

 

* reproduction intitulée « L’église ND de Montfort », d’après une gravure de Chastillon (1615) intitulée tantôt Nostre Dame d’Escouis, tantôt Nostre Dame de Lisieux » (in Mémoires de la Société historique du Vexin, 1909, page 48).

 

Elle était située en contrebas de la motte féodale, et occupait la majeure partie de l’emplacement actuel de la mairie, laquelle fut construite en 1860.

 

3. Histoire

 

3.1. La seigneurie et le château

 

Ce lieu était déjà fortifié (castrum) à l'époque romaine. Le château (cité en 1055) fut détruit (1128) par Henri Ier d'Angleterre, puis (1203) par Jean sans Terre. Cette terre fut le fief d’une première famille, du nom de Montfort (980-1204).

 

La léproserie, fondée par ses seigneurs, appartenait à l'abbaye du Bec Hellouin :

 

* reproduction d'une vue de l'abbaye (Bulletin de la société des antiquaires de Normandie, 1828) ;

 

* vue d'ensemble de l'abbaye et sa tour clocher (source : Archives photographiques, médiathèque du patrimoine).

 

La chapelle passa (après 1204) sous la protection des rois de France ; elle reçut des bienfaits (1469) de Louis XI, ce qui lui valut le titre de chapelle royale jusqu'à sa démolition (1750).

 

La motte féodale (naturelle) fut surmontée (XIème-XIIème) d'une construction importante par le Normand Hugues Ier dit « le Barbu » ou « à la Barbe ». Son fils, Hugues II, compagnon de Guillaume Le Conquérant, sauva l'étendard Normand à la bataille de Hastings (1066) et reçu en récompense 114 manoirs situés en Angleterre. Refusant l'autorité du roi de France, sa famille dût s'enfuir en Angleterre (1204).

 

[Note : cette récompense, sous forme de manoirs en nombre, est à rapprocher de celle relative à la famille de Montfort l'Amaury (78 - Yvelines) : les historiens ont peut-être ici commis une confusion. Celle-ci peut s'expliquer par le flou, voire aussi les erreurs, des chroniques contemporaines. Parmi ces dernières, celle de Orderic Vital se consacre principalement à l'histoire ecclésiastique de la Normandie, mais évoque souvent d'autres régions (Ile de France, Anjou, Bretagne, etc) dans lesquelles des familles de Montfort sont répertoriées (cf Montfort sur Meu, 35 - Ille et Vilaine, et Montfort le Gesnois, 72 - Sarthe). Ainsi, on rencontre un Hugues de Montfort vers le milieu du XIème aussi bien à Montfort sur Risle].

 

L'imposant château primitif, déjà endommagé et amoindri au XIIIème, servit de refuge pendant la guerre de Cent Ans, puis fut pillé (XVème) et pendant les Guerres de religion.

 

3.2. La chapelle de ND de Montfort

 

Sa connaissance par l’iconographie a nécessité d’élucider la signification d’une gravure de Claude Chastillon, dont l’intitulé semblait être erroné. Ceci a été réalisé par Louis Régnier. L’intitulé (variable) de la gravure indiquait soit ND d’Ecouis, soit ND de Lisieux. Elle semble bien représenter, aujourd’hui, la chapelle de ND de Montfort sur Risle.

 

Cette chapelle « royale », « joyau de la vallée de la Risle » (Deville) fut construite (fin XVème) par Guillaume Pontifs et Michel Gohier. Elle fut l’objet d’attention de trois rois : Charles VII, Louis XI et Charles VIII. Ce lieu fit aussi l’objet d’un pélerinage célèbre (XIVème - XVIème).

 

Mais la chapelle fut démolie (1771) pour des raisons de vétusté. Aujourd’hui, elle a entièrement disparu. Son embase pourrait encore subsister sous la mairie, mais elle est donc inaccessible.

 

4. Héraldique et généalogie

 

4.1. La Chesnaye-Desbois

 

Montfort (Normandie)

 

Terre et Seigneurie situées dans le bailliage de Rouen, près de l'abbaye du Bec (Hellouin), qui a donné origine à cette maison, l'une des plus anciennes de la province de Normandie. Guillaume, moine de Jumièges, donne une même origine à la maison de Montfort et à celle des Bertrand, seigneurs de Briquebec (50260), en Cotentin. D'après cette autorité, voici ce qu'en rapporte un manuscrit dressé par feu Piganiol de la Force.

 

I. Toussaint de Bertrand (vivant en 1023), dit « de Bassembourg », seigneur de Montfort, laissa pour enfants :

 

1. Guillaume de Bertrand, seigneur de Briquebec, qui fit la souche de ceux de ce nom, établis au Cotentin (voir à Bertrand).

 

2. Hugues, qui suit.

 

3. Adeline, femme de Turchetil, seigneur de Turqueville.

 

4. et Gillette, qui s'est mariée à Guillaume de Giroye, d'où sont sortis les Giroye, seigneurs d'Echauffour.

 

II. Hugues (Ier), seigneur de Montfort, dit « à la Barbe », ou « le Barbu », combattit en bataille rangée (1066) Vauquelin de Ferrières, et tous les deux furent tués. Il laissa pour fils :

 

III. Hugues II, seigneur de Montfort, qui épousa (1) Alix de Beaufort, fille de Richard, seigneur de Beaufort, et (2) une femme dont le nom est ignoré. Du premier lit il eut :

 

1. Jeanne, qui suit.

 

et du second lit vinrent :

 

2. Robert, seigneur de Montfort, mort du vivant de son père, lequel s'était fait moine sur la fin de ses jours.

 

3. Hugues, sire de Montfort, mort aussi sans lignée.

 

IV. Jeanne, dame de Montfort, héritière de ses frères, épousa Gilbert de Gans, dont :

 

1. Hugues, qui suit.

 

2. Jeanne, qui épousa Simon, comte de Hutington.

 

V. Hugues IV, sire de Montfort, releva le nom de cette maison et assista (1124) avec Amaury, comte d'Evreux, à l'assemblée que Louis le Gros convoqua pour le rétablissement de Guillaume, duc de Normandie. Il épousa Adeline de Meullent (Meulan), fille de Robert, comte de Meullent et de Leicester, et d'Elisabeth de Vermandois. Leurs enfants furent :

 

1. Robert, qui suit.

 

2. Toussaint, auteur de la branche des seigneurs de Beaudésert, rapportée ci-après.

 

3. Adeline, femme de Guillaume de Breteuil, fils de Guillaume, comte de Hertford, sire de Breteuil, et d’Adeline de Toeny.

 

VI. Robert, sire de Montfort, chef de la milice de Guillaume « le Roux », roi d’Angleterre, nommé dans Mathieu Paris, sous l’an 1163, fut témoin à une charte du roi Henri, de l’an 1188, et depuis, ayant été exilé, il fit le voyage de la Terre sainte, où il mourut, laissant pour fille unique :

 

Jeanne, dame de Montfort, qui épousa Richard, comte de Glocester, fils du comte de Glocester, en Angleterre, dont les descendants furent seigneurs de Montfort.

 

Branche des seigneurs de Beaudésert

 

VI. Toussaint de Montfort, seigneur de Beaudésert (second fils de Hugues IV de Montfort et d’Adeline de Meullent), s’établit en Angleterre et eut par don de l’impératrice Mathilde, fille d’Henri, roi d’Angleterre, droit de marché à son château de Beaudésert. Il laissa pour enfants :

 

1. Robert, qui suit.

 

2. Henri, rapporté après son aîné.

 

VII. Robert de Montfort, seigneur de Beaudésert, vivant en 1177, épousa Alix d’Harcourt, fille de Guillaume et de Hue d’Amboise (on ignore s’il eut postérité).

 

VII. Henri de Montfort, seigneur de Beaudésert (frère du précédent), épousa, sous le règne de Richard Ier, roi d’Angleterre, Emme de Corburcon, fille de Pierre, seigneur de Corburcon, dont vinrent :

 

1. Toussaint, qui suit.

 

2. Julienne, qui épousa Guillaume de Bissopesdon.

 

VIII. Toussaint II de Montfort, seigneur de Beaudésert, mourut le dixième du règne de Jean Ier, laissant un fils, nommé :

 

IX. Pierre de Montfort, seigneur de Beaudésert, tué à la bataile d’Evesham sous le règne d’Henri III, l’an 1250 [Sic. Date correcte : 1265]. Il avait épousé xxxx d’Aldithley, fille d’Henri, et en eut :

 

1. Pierre, qui suit.

 

2. Guillaume, chevalier.

 

3. Robert, chevalier.

 

X. Pierre II de Montfort, seigneur de Beaudésert, mourut le quinzième du règne d’Edouard Ier. Il avait épousé Mathilde, de laquelle il laissa :

 

1. Jean, qui suit.

 

2. Elisabeth, qui épousa Guillaume de Montagu, fils de Simon de Montagu.

 

XI. Jean Ier de Montfort, seigneur de Beaudésert, épousa Alix de La Planche, fille de Guillaume, chevalier, dont il eut :

 

1. Pierre, qui suit.

 

2. Jean, chevalier, tué à la bataille d’Estrinclin, sous le règne d’Edouard II.

 

3. Elisabeth, qui épousa Baudouin de Fréville, chevalier.

 

XII. Pierre III de Montfort, seigneur de Beaudésert, épousa Marguerite de Furnival, et en eut :

 

XIII. Guy de Montfort, seigneur de Beaudésert, qui mourut du vivant de son père. Il avait épousé Marguerite de Beauchamp, fille de Thomas, comte de Warwick, et de Laure d’Usenhalle. De ce mariage vinrent :

 

1. Jean, qui suit.

 

2. Richard, seigneur de Sepworth (Sapworth ?), vivant sous le règne d’Edouard III.

 

XIV. Jean II de Montfort, seigneur de Beaudésert, épousa Jeanne de Clinton, fille de Jean, chevalier, seigneur de Coleshill, de laquelle il eut :

 

1. Baudouin, qui suit.

 

2. Jean, décédé sans héritiers.

 

XV. Baudouin de Montfort, seigneur de Beaudésert, chevalier, vivant sous le règne de Richard II, épousa Marguerite de Clinton, fille de jean, seigneur de Maxtock (Mextock ?). Leurs enfants furent :

 

1. Guillaume, qui suit.

 

2. Jean, chevalier, qui épousa Catherine Bagot, fille de Guillaume, dont il n’eut pas d’enfants.

 

XVI. Guillaume de Montfort, seigneur de Beaudésert, chevalier, épousa (1) Marguerite Peche et (2) Jeanne d’Arwische, fille de Guillaume, chevalier. Du premier lit, il eut :

 

1. Baudouin, qui suit.

 

2. Richard, curé de l’église d’Ilmindont ;

 

3. Robert, auteur de la branche des seigneurs de Bescote, rapportée ci-après.

 

Et du second lit vinrent :

 

4. Edmond, chevalier, maître d’hôtel du roi Henri VI.

 

XVII. Baudouin II de Montfort, seigneur de Beaudésert et de Birkenhille, chevalier, eut de Jeanne de Vernon, son épouse :

 

1. Simon de Montfort, seigneur de Beaudésert, épousa Anne de Vernay, fille de Richard, seigneur de Campson (ou Campton), dont il eut :

 

            1. Jean III de Montfort, seigneur de Beaudésert, épousa Anne d’Harcourt, veuve d’Henri de Say, et fille de Richard Ier d’Harcourt, baron de Bosworth, et d’Elisabeth d’Eschepey (on ignore s’il eut postérité).

 

            2. Thomas, auteur de la branche des seigneurs de Sulton, rapportée ci-après.

 

2. Robert, seigneur de Birkenhille, sous Edouard IV, qui épousa Marguerite, dont on ignore le surnom. Il en eut : Richard, seigneur de Birkenhille.

 

3. Thomas, chevalier.

 

3. Henri, chevalier.

 

Branche des seigneurs de Sulton

 

XIX. Thomas de Montfort, seigneur de Sulton et de Colferd (second fils de Simon et d’Anne de Vernay), épousa Elisabeth de Gresley (ou Grosley), fille de Jean, seigneur de Drakelon, de laquelle il eut :

 

XX. Simon de Montfort, seigneur de Sulton et Colferd, qui épousa (1) Anne de Longford, fille de Raoul, chevalier, dont il n’eut pas d’enfants, et (2) Joyeuse de Ruggelay, veuve de Hugues-Harman de Morchal, et fille de Nicolas de Ruggelay, seigneur de Dunton. Du second lit sortit :

 

XXI. François de Montfort, seigneur de Sulton, qui épousa Anne de Willington, fille de Guillaume, seigneur de Willington. Il mourut en 1599, laissant :

 

1. Baudouin, qui suit.

 

2. Guillaume, auteur de la branche des seigneurs de Kinghurst, rapporté ci-après.

 

XXII. Baudouin de Montfort, seigneur de Sulton et de Tamworth (ou Tomworth), laissa une fille unique, Brigide (Bridget ?), dame de Sulton, qui épousa Jean Wirley, seigneur de Dorfort.

 

Branche des seigneur de Kinghurst

 

XXII. Guillaume de Montfort, seigneur de Kinghurst (second fils de François, seigneur de Sulton et d’Anne de Willington), épousa Anne de Fowler, fille de Briand de Fowler, seigneur de Saint Thomas, dont il eut :

 

XXIII. Edouard de Montfort, seigneur de Kinghurst, chevalier, mort en 1633, qui épousa Elisabeth Browne, fille de Valentin Browne, chevalier, de laquelle il eut :

 

XXIV. Simon de Montfort, seigneur de Bescote, chevalier, demeurant au comté de Stafford en 1667.

 

Branche des seigneurs de Bescote

 

XVII. Robert de Montfort, seigneur de Bescote et de Monkspa (troisième fils de Guillaume de Montfort, seigneur de Beaudésert, et de Marguerite Peche, sa première femme), laissa pour fille unique :

 

Catherine, dame de Bescote et de Monkspa, qui épousa Georges Booth, seigneur Dunham, chevalier.

 

De la même maison était Robert de Montfort, qui signa une charte de Guillaume Le Conquérant, en 1088. C’est peut-être le même qui fut mis au rang des témoins pour la réforme des lois du royaume d’Angleterre en 1100. Jeanne de Montfort, soeur de Guillaume, seigneur de Montfort, épousa Thomas, vicomte de Moulins, en 1168.

 

Armes de la maison de Montfort sur Risle : « de gueules au sautoir d’or ». La branche qui s’est établie en Angleterre les a changées et portait : « coticé d’or et d’azur de 10 pièces ».

 

4.2. Morena

 

4.2.1. Bertrand (Poitou)

 

4546. Armes : « de gueules au lion d'argent ».

 

4.2.2. Bertrand de Montfort (Dauphiné)

 

4569. Armes : « d'or à une croix de gueules, cantonnée de 4 trèfles de sable ». Anoblis (1814).

 

4.2.3. Montfort (Normandie)

 

24319. Armes : « de gueules au sautoir d'or ».

 

Robert, comte de Montfort sur Rille, maréchal de Normandie, chevalier croisé (1507) [sic, lire 1107].

 

4.2.4. Montfort (anciennement du surnom de Marie) (Normandie) (autre famille)

 

Famille ancienne, originaire de Normandie et établie en Champagne, qui a formé plusieurs branches (cf « Armorial Général de France », reg. II, partie II).

 

I. Jean de Montfort, sieur du Breuil et de Montfort, avait pour trisaïeul Jean Marie de Montfort (vivant avant 1450), seigneur de Saint Julien et de Noirville et des arrière-fiefs de la Carneille, du Tremblay et de Montfort, dans la vicomté de La Carneille. Ce Jean de Montfort épousa en premières noces (1608) Marie Baudouin et en secondes noces (1616) Marguerite Guellouet, fille de Pierre, seigneur de Mandeville.

 

Du premier lit, il eut Pierre, qui suit. Du second lit vint, entre autres enfants, François, tige d'une branche restée en Normandie, dont un des descendants servait (1742) dans le régiment de maître de camp général (dragons).

 

II. Pierre de Montfort, vicomte de Villette, seigneur de Montfort, du Breuil, Dampleux, Méry, Saint Euphrasie et Prémecy, s'établit en Champagne. Après avoir épousé (contrat du 16 novembre 1654) Claude Le Vergeur, héritière des terres de Méry, Saint Euphrasie et Prémecy, il acquit celle de Villette (anciennement vicomté). Leur fils aîné :

 

III. Guillaume Henri de Montfort, vicomte de Villette, seigneur de Méry, etc, obtint (20 août 1693) un office de lieutenant des maréchaux de France, au baillage de Reims, dont il se démit (27 janvier 1727). Il n'eut pas d'enfant de sa première femme, Innocente de Sahuguet de Termes (contrat du 8 décembre 1687). De son second mariage (17 mars 1722) avec Marie Françoise Gobelin, naquirent Pierre Claude, qui suit, et Jules Anne, rapporté après son aîné.

 

IV. Pierre Claude de Montfort (1688 - 1735), seigneur de Méry, etc, épousa (1717) Françoise Nacquart, fille de François, seigneur de Féligny. De ce mariage sont issus :

 

1. François Madeleine (22 juin 1718 - xxxx), seigneur de Méry, etc.

 

2. Louis François Claude, baptisé le 27 octobre 1723, nommé en 1734 lieutenant en second dans le régiment de Champagne, d'où il est sorti en 1740 pour entrer en qualité d'enseigne dans celui de Ponthieu.

 

IV. Jules Anne de Montfort, second fils de Guillaume Henri et de Marie Françoise Gobelin, sa seconde femme, vicomte de Villette, lieutenant des maréchaux de France, au baillage de la ville de Reims, épousa (11 mars 1724) Marie Madeleine Clocquet, dont vinrent :

 

1. xxxx de Montfort (19 juillet 1733 - xxxx).

 

2. Guillemette Marie Anne Elisabeth (baptisée le 17 mai 1727 - xxxx).

 

3. Elisabeth Marie Josèphe de Montfort de Villette (18 août 1729 - xxxx), reçue à Saint Cyr (13 janvier 1740).

 

Armes : « Ecartelé, au 1 et 4 d'argent à 3 trèfles de gueules, et au 2 et 3 de gueules à la croix d'hermine gringolée d'or ».

 

Cette famille semble avoir possédé la terre de Montfort en Normandie, à la suite de la précédente famille, d’origine féodale. Il existe en effet des communes du nom du Breuil, St Julien, La Carneille, etc, en Normandie (Orne, Calvados). De même, Méry et Prémecy, devenus Méry Prémecy (51390), se trouvent bien dans la Marne, et Villette (10700) dans l’Aube, donc dans la région de Champagne Ardenne.

 

7. Héraldique

 

Les armes de la commune sont « de gueules au sautoir d’or ». Dans la salle des croisades du palais de Versailles, celles de Robert, comte de Montfort sur Risle (chevalier croisé en 1107), sont données « de gueules au sautoir d’or (d’argent ?) » (armes stylisées).

 

8. Toponymie

 

8.1. Inventaire (XIXème) des toponymes

 

Le site était anciennement appelé Muntfort (circa 1055), puis Montfort (XIXème).

 

Blosseville décrit les toponymes suivants :

 

* Montfort : vavassorie au bourg de Montfort sur Risle ;

* Montfort : fief, hameau de ND de Fresnes ;

* Montfort : ancien nom du fief de Busc Rabasse, à St Denis des Monts, relevant de Bec Thomas ;

* Montfort : canton comprenant 14 communes ;

* Montfort (forêt de -) : forêt de 2 043 hectares ;

* Montfort (pont de -), à Montfort sur Risle : Party en trois à cause des palus (1668, André Duchesne, Antiquités et recherches des villes) ;

* Montfort (sergenterie de -) : relevant de Pont-Audemer ;

* Montfort sur Risle (chef lieu de canton) : Muntfort (Roman de Rou), Mons Fortis (charte de Henri II), bourg (1722, Masseville), Montfort (1754, dictionnaire des Postes).

 

Enfin, une « forêt domaniale de Montfort » s'étend au Nord Est de Montfort sur Risle, le long de la vallée de la Risle.

 

8.2. Illeville sur Montfort (27290) (Willevilla et Willervilla au XIIIème) est un petit bourg situé à environ 6 km au Nord Est de Montfort. Les noms de cette commune et de Touville sur Montfort (27290), s'associent donc à celui de Montfort sur Risle.

 

Il existe aussi une gare de Montfort St Philbert.

 

8.3. Le nom de Bassembourg correspond à un lieu-dit situé en Normandie. Il n’existe en France qu’une commune de nom phonétiquement voisin, Bassemberg (67220), située dans la région Alsace.

 

8.4. Une relation insolite a été avancée entre : (a) le nom de Toussaint (ou Turstan, etc), rencontré en Normandie, et (b) celui de Tursan (ou Turson) qui est une vicomté de l'ancienne Gascogne, et aujourd'hui une partie (communauté de commune) des Landes connue pour son vignoble, et située non loin de Montfort en Chalosse.

 

Un lien encore plus net (cf généalogie supra) semble exister entre Hugues IV de Montfort sur Risle et Amaury (de Montfort l'Amaury), comte d'Evreux : tous deux assistèrent (1124) à l'assemblée que Louis VI le Gros convoqua pour rétablir Guillaume de Normandie. De plus, Hugues IV épousa Adeline de Meulan, fille de Robert, comte de Meulan et de Leicester, dont les liens avec Montfort l'Amaury sont connus.

 

9. Bibliographie

 

Anonyme, « Coutume de Normandie »

 

Anonyme, « Le grant coustumier du pays et duché de Normendie », Jehan Richard, Rouen, 1515

 

Anonyme, « Les cronicques de Normendie »

 

Antiquaire de Bernay (l'-), « Bulletin »

Notamment année 1892

 

Barabé A., « Recherches sur le tabellionnage royal, principalement en Normandie ... et sigillographie normande », Boissel (Imprimeur-Editeur), Rouen, 1863

 

Bérault Jean (Iosiam Beraltum), « Coustumes du pays de Normandie », Rouen, Calendes de janvier 1611

 

Blosseville Ernest Poret (marquis de -) (1799-1886), « Dictionnaire topographique du département de l'Eure, comprenant les noms de lieux anciens et modernes », Imprimerie Nationale, Paris, 1877

 

Canel Alfred, « Essai historique, archéologique et statistique sur l’arrondissement de Pont Audemer (Eure) » (2 tomes, avec atlas), Chez Lance, libraire, Paris, 1834

 

Caumont Arcisse de - (1801-1873), « Cours d’antiquités monumentales : histoire de l'art dans l'Ouest de la France, depuis les temps les plus reculés jusqu’au XVIIème siècle » (6 volumes en 11 tomes), Lance, Paris

 

Cochon Pierre (notaire apostolique à Rouen) (circa 1390 - circa 1456), « Chronique normande », publiée par Charles de Robillard de Beaurepaire, A. le Brument, Rouen, 1870

 

Delisle Léopold, « Les cartulaires de la baronnie de Bricquebec », F. le Tual, St Lô, 1899

 

Delisle Léopold, « Cartulaire normand de Philippe Auguste, Louis VIII, St Louis et Philippe le Hardi », édité par la Société des antiquaires de Normandie, Caen, 1882

 

Delisle Léopold et Passy Louis, « Mémoires et notes de M. Auguste le Prévost pour servir à l’histoire du département de l'Eure » (3 volumes), A. Hérissey, Evreux, janvier 1862 - mars 1869

 

Demay Germain (1819-1886), « Inventaire des sceaux de la Normandie recueillis dans les dépôts d'archives, musées et collections particulières des départements de la Seine-Inférieure, du Calvados, de l'Eure, de la Manche et de l'Orne, avec une introduction sur la paléographie des sceaux », Imprimerie Nationale, 1882

Cf page 44

 

Deville Etienne (1878-1944), « A propos d’une gravure de Chastillon faussement intitulée N.D. de Lisieux », in Le Journal de Rouen, 31 mars 1925

 

Duquesne Robert, « La légende et l'histoire de ND de Montfort », in Le journal de Normandie, 1909

 

Ferrière Hector (comte de la -), « La Normandie à l'étranger : documents inédits relatifs à l'histoire de Normandie, tirés des archives étrangères (XVIème et XVIIème siècles) », A. Aubry (Paris), Le Gost-Clérisse (Caen), C. Métérie (Rouen), 1873

 

Flori Jean, « Guillaume le Conquérant », Editions xxxx, Paris, 2005

 

Freeman Edward Augustus (1823-1892), « Sketches of travel in Normandy and Maine », with a preface by William Holden Hutton (1860-1930), Macmillan, London, 1897

Guébhard Adrien (1849-1924), « Les Camps de la Risle, Eure, par Léon Coutil », Imprimerie de Monnoyer, Le Mans, 1909

Pages 347-350 et 406-408 : compte-rendu par le Dr Guébhard, Société préhistorique de France (séances des 24 juillet et 28 octobre 1909). Léon Marie Coutil (13 octobre 1856, Villers sur Andelys - 24 janvier 1943, Les Andelys) a exécuté un plan de situation du site avant 1909. Ce plan a été repris dans un rapport relatif à un projet confié au cabinet H2O Architectes : « Etude préliminaire pour l’aménagement et la restauration du château de Montfort sur Risle », septembre 2007

 

Gerville M. de - , « Mémoire sur les anciens châteaux du département de la Manche adressé à M. le comte d'Estourmel, préfet de ce département » (novembre 1824), in Société des antiquaires de Normandie, volume 1 (pages 177 et suivantes), 1824

 

Giry Arthur (1848-1899), « Les établissements de Rouen : études sur l'histoire des institutions municipales de Rouen, Falaise, Pont-Audemer, Verneuil, La Rochelle, Saintes, Oleron, Bayonne, Tours, Niort, Cognac, Saint-Jean d'Angély, Angoulême, Poitiers, etc » (2 volumes), F. Vieweg, Paris, 1883-1885

Cf tome 1 (pages 275, 322)

 

Guéry Charles  (abbé -) (1854-1935), « Histoire de l'abbaye de Lyre », Imprimerie de l’Eure, Evreux, 1917

Extraits de l’ouvrage

 

Hierse xxxx, « Ex gestis ducum normannorum » (Des gestes des ducs de Normandie)

 

Hoüard David (Maître -), « Dictionnaire analytique, historique, étymologique, critique et interprétatif de la Coutume de Normandie » (4 tomes), Rouen, Chez Le Boucher, 1780-1782

Dictionnaire de droit normand ancien

 

Jumièges Guillaume de -, « Histoire des ducs de Normandie » (2 tomes), édité par H. Guizot, J. L. J. Brière, Paris, 1826

Contient en deuxième partie : Guillaume de Poitiers, « Vie de Guillaume le Conquérant »

 

Longnon Auguste (1844-1911), « Pouillés de la province de Rouen » (n° 2 du Recueil des historiens de la France : pouillés), C. Klincksieck, Paris, 1903

 

Mabillon Jean, « Histoire de St Pierre de Jumièges » (3 tomes)

 

Magny Edouard de - (1824-18xx) (sous la direction de -), « Nobiliaire de Normandie » (tome 1, 1863 ;

tome 2, 1864), publié par une société de généalogistes, avec le concours des principales familles nobles de la province, Paris (Librairie héraldique d'A. Aubry), Rouen (Lebrument), Caen (A. Massif)

 

Michel Francisque (1809-1887), « Histoire des ducs de Normandie et des rois d’Angleterre, suivie de la relation du tournoi de Ham par Sarrazin (trouvère du XIIIème siècle) », Jules Renouard, Paris, 1840

 

Michel Francisque (1809-1887), « Histoire du duché de Normandie »

 

Mont Cassin Aimé du -, « L'Ystoire de li Normant et chronique de Robert Viscart »

 

Philippe-Lemaître Mme -, « Histoire du château et de l'église de Montfort sur Rille (Eure) » (extrait des recherches monumentales et historiques sur les églises de l'arrondissement de Pont Audemer), in Bulletin monumental (pages 537-394), publié par Arcisse de Caumont, Derache ou Dumoulin, Paris, 1855

 

Porée A.A. (chanoine) (1848-1939), « Le nécrologe de l’abbaye de St Taurin d'Evreux », Delesques, Caen, 1889

 

Porée A.A. (chanoine) (1848-1939), « Les sépultures des évêques d'Evreux », Delesques, Caen, 1891

 

Prévost Auguste le - (1787-1859), « Anciennes divisions de la Normandie », Crapelet, Paris, 1837

 

Prévost Auguste le - (1787-1859), « Mémoires et notes pour servir à l'histoire du département de l'Eure »

Cf Conches

 

Prévost Gustave A., « Notice archéologique et historique sur l'évêché d'Evreux », Henri Delesques, Caen, 1888

 

Régnier Louis, « Dons faits par Charles VII, Louis XI et Charles VIII pour la reconstruction des églises de Notre Dame de Pontoise, Notre Dame de Montfort et Notre Dame de Cléry », in Mémoires de la Société historique du Vexin, tome XXIX, Pontoise, 1909

 

Régnier Louis, « L'église ND d'Ecouis, autrefois collégiale (l'édifice, le mobilier, la statuaire, les tombeaux, le trésor, la chapelle du Plessis, le château et les statues de Maineville, etc », Edouard Champion, Paris, A. Lestringant, Rouen, 1913

 

Roy Nathalie (sous la direction de -), « De la Gaule à la Normandie, 2000 ans d'histoire - 30 ans d'archéologie », C.R.A.H.N., Musées et monuments départementaux de la Seine Maritime (MMDSM) (article n° 133 : Montfort sur Risle), C.R.A.H.N., 1990

 

Savary Jacques (1763), « Pouillés de l’ancien diocèse de Seès », Société historique et archéologique de l’Orne, 1903

 

Société de l'Eure, « Bulletin »

Années 1836, 1841

 

Société de l'histoire de Normandie

 

Société des Antiquaires de Normandie, « Bulletin » (parfois avec Atlas)

Années 1828, 1830, 1834, 1835, 1844, 1846, 1847, 1852-1853, 1862, 1867, 1882 (Robert Courteheuse), 1897, 1902

 

Société du Vexin, « Mémoires », 1909

 

Thierry Augustin, « Histoire de la conquête de l'Angleterre par les Normands », [Limoges, Eugène Ardant], Garnier frères, Paris, 1830

 

Torre Michel de la -, « Guide de l'art et de la nature (27 - Eure) », Editions Berger-Levrault, 1983

 

Toustain-Richebourg C.G. de - (1766-1789), « Essai sur l'histoire de la Normandie »

 

Toustain-Richebourg C.G. de - (1766-1789), « Histoire de Neustrie »

 

Turner D., « Account of a tour in Normandy » (2 tomes)

 

Varende Jean de la -, « Guillaume, le bâtard conquérant », Flammarion, Paris, 1946

 

Verdier Pierre le -, « La vicomté de Pontaudemer »

 

Vital Orderic (1075-~1142), « Histoire ecclésiastique » ou « Histoire de Normandie », Edition Guizot, Paris, 1825 (traduit en français par Guizot, Editions Mancel, Caen, 1826) (13 tomes édités entre 1838 et 1855)

Vital écrivit une somme très documentée sur l’histoire des Normands. Cet historien français du XIIème (Attingham, Angleterre, 1075 - † après 1143) entra jeune à l’abbaye d’Ouche (ou de Saint Evroul), au diocèse de Lisieux (aujourd’hui dans l’Orne)

 

Wace Robert, « Le roman de Rou, avec une Note sur Robert Wace »

Wace, ou Gace, est un nom qui vient de Eustache. La ville de Gacé se trouve en Normandie (Orne), près de St Evroult de Montfort. Le nom de Rou signifie Roll, ou plus communément, Rollon

 

Sites Internet

 

http://www.amcp27.fr/ (site de l’Association Montfort, Culture et Patrimoine, ou AMCP)

 

http://www.h2oarchitectes.com/equipe.html (cabinet en charge du projet de mise en valeur du site)

 

http://www.mondes-normands.caen.fr/france/archeo/Normandie/mdn/fouilles/appeville/index.htm

 

http://www.normandieweb.org/27/montfortsurrisle/montfortsurrisle/chateau.html

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Orderic_Vital

 

http://www.tursan.org/ (communauté de communes du Tursan)