DOMAINE DE CONNAISSANCE (O)

 

L'expression commode de domaine de connaissance, ou de corps de connaissance désigne ici ce qui est communément appelé discipline, science, ou même simplement domaine (cf introduction et Homme).

 

(i) Constitue un domaine de connaissance tout ensemble de théories et d'observations, plus ou moins élaborées ou interdépendantes, que l'usage, l'éducation ou l'histoire de la pensée humaine ont progressivement permis de distinguer.

 

Cet ensemble peut porter sur les aspects les plus divers de l'existence, en vue d'en expliquer et, le cas échéant, d'en prévoir les propriétés les plus remarquables, apparentes ou cachées (cf aussi réflexions sur le grand mystère de l’existence).

 

La démarche suivie est essentiellement consciente de son caractère provisoire, non absolu et perfectible.

 

(ii) On peut associer à chaque domaine de connaissance un homme de l'art, chargé d’en développer les théories et de promouvoir les observations requises pour leurs applications. Ainsi, le physicien (astronome, chimiste, etc), le médecin, le psychologue ou le sociologue (économiste, paléontologue, musicologue) sont, en ce sens, des hommes de l'art. Chaque domaine, quoique non totalement indépendant des autres en général, est subdivisé en sous-domaines (ou spécialités) auxquels correspondent des experts (ou des spécialistes). Ainsi en est-il de l'astro-physicien en physique, de l'immunologiste en médecine, du psychologue de l'enfant en psychologie, de l'antropologue en sociologie, de l'analyste financier en économie.

 

(iii) Une classification de base distingue cinq domaines :

 

(a) la physique (au sens large), qui a pour objet l'étude de la matière « inerte » (sa nature, ses systèmes et structures). La matière inerte n’est pas nécessairement « inanimée (courants gazeux ou aqueux, mouvements géologiques), mais simplement « non vivante ». La physique comprend notamment des spécialisations comme l'astronomie, la météorologie, la géologie, la chimie (minérale et organique), la séismologie, la technologie, etc ;

 

(b) la biologie (au sens large), concernée par l'étude des organismes vivants, tant animaux (biologie animale, art vétérinaire) que végétaux (biologie végétale, botanique), une place particulière étant faite à la biologie humaine (médecine et disciplines associées). Cette étude porte aussi bien sur les organismes élémentaires (virus, bactéries, champignons, planctons, etc) que sur les organismes plus complexes ou « évolués » (corps humain, notamment). Les thèmes principaux en sont l'analyse des fonctions cellulaires (structures internes, multiplication, dégénérescences, agressions, mutations, etc), la spécialisation fonctionnelle des organes, l'hérédité, l'épidémiologie, etc. On peut rattacher à ce domaine certaines spécialités comme la diététique, la pharmacologie ou la toxicologie.

 

En raison de leurs propriétés particulières, certains organismes (coraux, tardigrades) semblent jouer un rôle « intermédiaire » entre monde inanimé et monde animé ;

 

(c) l'écologie, qui consiste à étudier la faune et la flore, leurs relations et intéractions avec le milieu « naturel » (milieu physique précédent) et avec le milieu humain, la perpétuation et l'évolution des diverses espèces, leur sélection et amélioration (agronomie), etc. Ainsi, on distingue la faune aquatique, la faune terrestre, la faune aérienne et les faunes « mixtes ». De même, on distingue la flore terrestre et la flore aquatique ;

 

(d) la psychologie, étude du comportement (en particulier, le comportement humain), lequel résulte de phénomènes nombreux (intelligence, mémoire, stimuli extérieurs) et d’un contexte biologique (« inné ») ou socio-culturel (« acquis »). D'où l'intérêt porté à l'étude du comportement individuel, dont celui de l'enfant joue un rôle important, ainsi que celle du comportement du groupe (constitution des groupes sociaux, conditions et moyens de leur pérennité, etc). La notion de groupe a donné lieu à divers développements de la théorie des jeux (situations de coopération, de conflit - duel -, de négociation et de compromis), notamment en situation aléatoire ;

 

(e) la sociologie, qui s'intéresse aux sociétés (modes d'organisation, formes de pouvoir, races, ethnies, religions, histoire). Elle entretient des relations étroites avec le domaine précédent (étude des comportements des groupes sociaux : classe politique, classe médiatique, catégories sociales ou professionnelles). Mais elle est aussi en relation avec des problèmes relevant de la physique : ainsi les phénomènes de rareté (ressources naturelles, notamment) sont importants en économie ou même en démographie. A ce domaine peuvent encore se rattacher diverses spécialités telles que l'actuariat, l'ergonomie, le droit (systèmes coutumiers, systèmes juridiques formels, situations de fait).

 

(iv) On peut considérer, ou « organiser », les relations entre l'homme et les cinq domaines précédents sous deux angles complémentaires.

 

            (a) L'angle égocentrique place l'homme à la croisée de ces domaines (schéma radial) et lui attribue pour objectif l'acquisition d'une connaissance maximale dans chacun de ces domaines. Ces domaines, quoique distingués, entretiennent évidemment des liens entre eux.

 

            (b) L'angle de développement (ou de progrès) ordonne les domaines précédents à la fois selon des relations de construction logiques et selon leur degré de développement (schéma par empilement). D'une part, ce développement ou progrès paraît inégal entre domaines. D'autre part, on discerne des « liens de subordination » entre eux. Ainsi, on peut penser ou espérer que les progrès dans la connaissance des lois de la physique induiront des progrès dans la connaissance des lois biologiques, lesquels, à leur tour, amélioreront la connaissance des lois écologiques, etc.

 

La démarche scientifique combine, de manière générale (cf schéma), des observations et des théories en prenant souvent appui sur une base statistique. Lorsqu'elle peut être formalisée par l'homme de l'art, une théorie doit être confrontée avec des données (soit disponibles, soit suscitées : expériences, sondages). Le statisticien, qui est  souvent homme de l'art lui-même), intervient notamment pour estimer des paramètres jugés importants dans ces théories, ou pour en tester la validité ou les insuffisances (cf aussi Statistique).