Montfort

(20 / 01 / 2012)

 

Avec la collaboration de Daniel Robert

 

1. Localisation (Provence, Alpes, Côte d'Azur, 04 - Alpes de Haute Provence)

 

Sur la commune de Montfort (04600) (N 96 ou A 51) (altitude 500 m), à 5 km au Sud Ouest de Château Arnoux (04600), et à 1 km au Sud de St Auban (04600), se trouve un château du nom de Montfort. Carte de Cassini (BnF).

 

2. Description

 

Vue d'ensemble de Montfort (photographies des années 1980).

 

Le château initial (XIIème probable) a été suivi de l’actuel (1574), lequel a été restauré, puis aménagé (années 1980) en magasin d'antiquités. On peut voir les « ruines d'un château relevant des comtes de Provence. Restes de l'enceinte d'un village ruiné » (Salch).

 

Vues du château : A, B (photographies des années 1980).

 

Le village possède aussi des restes de remparts et des ruelles en escaliers.

 

3. Histoire

 

Le lieu, appelé « Mons fortis » (1182), fut une ancienne baronnie, laquelle fut ensuite réunie (1379) à la vicomté de Reillane pour la famille d'Agoult. Elle fut occupée (1575) par les Huguenots, puis assiégée et prise par les troupes de Carcès qui en rasèrent les fortifications.

 

Selon Andrieu (cf Histoire de Montfort), un ancien établissement localisé en plaine, à St Donat, avait été abandonné pour le castrum perché de Montfort à une date, inconnue, antérieure à 1150.

 

4. Héraldique

 

Les armes de la ville peuvent se lire : « de gueules au rocher d'argent mouvant de la pointe, surmonté de trois tours crénelées d'or remplies d'argent, posées 2 sur 1 ».

 

Elles sont plus proches des armes de la première des deux familles de Montfort classées en Provence dans le Grand armorial de France : « d'azur au rocher d'argent mouvant de la pointe surmonté d'une étoile d'or » (mais « d'azur au lévrier d'argent colleté de sable » pour la seconde).

 

5. Généalogie (Dictionnaire de la noblesse)

 

5.1. Agoult (Provence)

 

Guillaume d’Agoult, seigneur d’Apt, vivait en 1003 (?). Raymbauld d’Agoult (xxxx - 1113), un de ses descendants au quatrième degré, eut de Sance, héritière de la maison de Simiane, deux fils :

 

* Guiraud, l’aîné, qui prit le surnom de Simiane (cf Simiane).

 

* Bertrand Raymbauld, le cadet, seigneur de Sault, qui continua la lignée du surnom d’Agoult, qui se partagea en plusieurs branches, dont une produisit des rameaux en Provence et Dauphiné, où certains subsistent (cf père Jean Colomby, jésuite, Guy Alard, père Dominique, père Briaçon, dominicain, etc).

 

Foulques d’Agoult, un des arrière-petits-fils de Bertrand Raymbauld, quitta le nom d’Agoult, quoiqu’il fut l’aîné de la maison, et prit les noms et armes de Pontevez, écartela seulement d’Agoult aux 2 et 3. Il en fut ainsi à cause de sa mère, héritière de sa maison ; et c’est de lui que sortirent les seigneurs de Pontevez, comtes de Carcès, qui, dans le XVIIème, sont confondus dans les Simiane, marquis de Gordes.

 

Une soeur de ce Fouques épousa Burgundion de Trets, souche des barons d’Olières, qui prirent le surnom d’Agoult (cf plus bas). La terre et seigneurie de Sault, qui fut le partage d’un frère puïné de Foulques d’Agoult dit Pontevez, se conserva dans les descendants dont, faute d’hoirs mâles, elle passa (1394) dans une branche cadette d’Agoult, seigneur de Mison ; elle en sortit aussi, faute de mâles, et entra, par une Louise d’Agoult, dans la maison de Montauban, laquelle prit les surnom et armes d'Agoult. Ce fut pour l’un d'eux que la terre de Sault fut érigée en comté (1561).

 

Mais Louis d'Agoult de Montauban, comte de Sault, fils d'un autre Louis d'Agoult de Montauban, comte de Sault, mourant sans enfants, institua pour son héritière Chrétienne d'Aguerre, sa mère. Jeanne d'Agoult, soeur du testateur et femme de Claude François de la Baume, comte de Montrevel, contesta en vain ce testament Le comté de Sault fut adjugé à Chrétienne d'Aguerre, qui se rendit célèbre en Provence pour avoir suivi la Ligue ; elle donna ce comté à Carles de Créqui, duc de Lesdiguières, pair et maréchal de France, son fils du premier lit : ce comté a passé dans la maison de Villeroy. Pour la généalogie de la maison d'Agoult, cf Allard, « Des mazures » (partie II, page 1), et Le Laboureur (pages 102 et suivantes). Pour la branche aînée d’Agoult, qui a changé ce nom en celui de Simiane, cf Simiane.

 

Burgundion, dit de Trets, vicomte titulaire de Marseille, épousa en secondes noces Mabile d'Agoult d'Entrevenes, de laquelle il eut Isnard, à qui la seigneurie d’Olières tomba en partage et dont la postérité a pris et conservé le nom d'Olières ; il est le sixième aïeul de Louis d'Agoult, baron d’Olières, mari de Dausine de Villeneuve, dont les deux fils, Balthazar et Pierre partagèrent la baronnie d’Olières

 

La postérité de Balthazar subsiste dans les enfants de Balthazar IV, baron d'Olières.

 

Pierre d’Agoult, deuxième fils de Louis, fut père d’Antoine, marié à Eléonore Valavoire, mère de Pierre, qui épousa Marguerite de Forbin de Solières et fut père de Joseph, qui obtint l’érection d'Olières en marquisat (mars 1689). Il eut de sa femme, Françoise de Glandevez :

 

1. Auguste d'Agoult, marquis d'Olières.

 

2. Gaspard d'Agoult, reçu chevalier de Malte (1688), puis devenu baron et marquis d'Olières, et marié à Anne-Marguerite de Fortia de Piles. De ce mariage naquit Joseph Gabriel Gaspard Anne d'Agoult, des vicomtes de Marseille, chevalier, baron et marquis d'Olières, marié (27 juin 1752) à Marie Anne de Lanion, fille unique de Jean Baptiste Pierre Joseph, marquis de Lanion, maréchal de camp, et de Marthe Asulques (?) ; il a pour soeur Catherine d'Agoult, mariée à xxxx de Raouffet, marquis de Seillons, dont il a trois garçons et trois filles.

 

5.2. Agoult (Provence)

 

a. Fouquet d'Agoult, qualifié de chevalier dans l’hommage (9 mai 1489) qu’il prêta des terres de Rognes, Valonne, Angles, Verguons et St Auban, et qualifié de magnifique seigneur dans plusieurs reconnaissances de ses vassaux. Il fit son testament à Aix (6 août 1526) et laissa d’Anne de Bouic, qu'il avait épousée (1490) à Arles :

 

aa. Honoré, chef de la branche des seigneurs de Rogne, terminée en Julie d'Agoult, mariée (1597) avec Henri de Raffelis, seigneur de Courmes, auquel elle apporta la seigneurie que ses descendants possèdent encore.

 

ab. Raymond, seigneur de St Auban, qui épousa Antoinette de Raymond, des seigneurs d'Eoux. D’où un fils et sept filles : l'une fut mariée à Jean Flotte, dont les descendants ont pris le nom de Flotte d'Agoult.

 

ac. Arnaud d'Agoult, seigneur de Mauriès, épousa Lucrèce de Gérente Cabanes, d’où :

 

aca. François, seigneur de Mauriès.

 

acb. Balthazard, mort grand prieur de St Gilles.

 

Cette branche est éteinte.

 

ad. François d'Agoult, seigneur d'Angles, St Laurent et St Jurs, se maria (contrat de novembre 1578) avec Françoise de Castellane, des seigneurs de Montmeyan et fit son testament (24 novembre 1586). Il eut, entre autres enfants :

 

ada. Balthazard II d’Agoult, seigneur d’Angles, St Jurs et St Laurent, s’allia (25 avril 1594) avec Anne d’Aguillery de Lespéoux, d’où :

 

adaa. Jean d’Agoult, seigneur des mêmes lieux, qui épousa (3 mars 1633) Melchione de MARIN et testa (29 mai 1671). Il eut de son mariage :

 

adaaa. Antoine d’Agoult, seigneur d’Angles et de St Laurent, qui épousa (2 novembre 1683) Madelène de Désidery. Il testa (20 juillet 1724) et eut de ce mariage trois fils :

 

adaaaa. André d’Agoult, seigneur, baron de St Michel, syndic de la noblesse (1746), puis procureur-joint. Il épousa (contrat du 22 février 1727) Madelène Daunet. Leurs enfants furent :

 

adaaaaa. Louis Fouquet, enseigne au régiment des Gardes Françaises.

 

adaaaab. Charles César, garde de la marine.

 

adaaaac. Antoine, garde de la marine.

 

adaaaad. François Auguste.

 

adaaaae. Louis Annibal, qui fit l’école militaire.

 

adaaaaf. Louise Marguerite Antoinette.

 

adaaaag. Madelène Alexandre, mariée à Louis de St Chamas, capitaine dans le régiment de Médoc.

 

adaaaah. Marie Anne Angélique.

 

adaaab. Jean Antoine, chanoine de l’église cathédrale de Paris, abbé de ND de Bonneval (diocèse de Rhodez).

 

adaaac. Louis Annibal François, maître de camp au régiment de Conti (cavalerie) et chevalier de l’ordre de St Louis.

 

adaab. Annibal, chevalier de Malte.

 

adaac. Jean, prieur de Deuil.

 

adab. Rolland, chevalier de Malte.

 

adac. Claude Jean, auteur d’une branche éteinte au XVIIIème avec Louis d’Agoult, chevalier de l’ordre de St Louis, capitaine dans le régiment des Landes.

 

adb. Rolland, reçu chevalier de Malte, mort commandeur de Gap.

 

Armes : « d’or au loup d’azur ravissant » (cf Agoult de Montmaur, en Dauphiné).

 

5.3. Agoult de Montmaur (Dauphiné)

 

Hector Samson d’Agoult, baron de Montmaur, n’eut de son mariage avec Marie Françoise Amieu de Fautrieu, dame en partie du comté de Vinssobre en Dauphiné, qu’une fille unique :

 

Marie Justine Espérance d’Agoult, mariée avec Jean Joseph Paul Antoine Montpezat Tremoletti de Bucelli, marquis puis duc de Montpezat, lieutenant du roi en Languedoc, puis baron de Montmaur.

 

Armes : « d’or au loup ravissant d’azur, armé et lampassé de gueules ».

 

5.4. Montfort (Provence)

 

Famille de Provence éteinte, qui était ancienne dans la petite ville des Mées et avait été confirmée (1er octobre 1667) dans sa noblesse.

 

Armes : « d'azur au lévrier rampant d'argent, colleté de sable, bordé d'or ».

 

5.5. Montfort (Provence)

 

Autre famille qui a pour auteur :

 

a. Guillaume de Montfort, qui obtint (août 1648) des lettres de noblesse. Il épousa Honorade d'Antonelle, dont il eut :

 

aa. François de Montfort qui épousa (janvier 1647) Catherine d'Icard, d’où :

 

aaa. Honoré de Montfort, premier consul d'Arles, qui acquit la seigneurie de Fos. Il épousa (6 novembre 1675) Thérèse de Barrême, dont il eut :

 

aaaa. Charles de Montfort, qui épousa (1er février 1702) Françoise de Castillon, dont plusieurs enfants. Il ne reste que Maurice de Montfort de Faramans, marié (4 septembre 1740) avec Blanche de Giraud, dont postérité.

 

aaab. François, ecclésiastique.

 

aaac. Maurice, capitaine dans le régiment de Richelieu, consul d'Arles (1730).

 

aab. Joseph, prêtre.

 

aac. Maurice, seigneur de Gromanille, aide de camp en 1692 du maréchal de Catinat avec lequel il entretint des correspondances jusqu'à sa mort.

 

aad. et aae. Deux filles, supérieures au couvent des Ursulines de Tarascon.

 

Armes : « d’azur au rocher d'argent surmonté d'une étoile d'or ».

 

(cf Artefeuil, tome II, page 162).

 

Deux représentations de ces armes sont notamment décrites dans Hozier (page 383) : « Honoré de Montforz Faraman, Ecr de la ville d’Arles » et « Jaque de Montforz, Ecr de la ville d’Arles » (indications redevables à Mr Daniel Robert).

 

8. Toponymie

 

Le site était d'abord appelé « Mons fortis » (1182). Les principales villes alentours sont Forcalquier (04300) et Manosque (04100).

 

On trouve aussi en France St Auban (06850), St Auban d’Oze (05400) et St Auban sur l’Ouvèze (26170). Par ailleurs, un nom proche d’Agoult se retrouve aussi dans Vielmur sur Agout (81570), Fraisse sur Agout (34330), La Salvetat sur Agout (34330), Roche d’Agoux (63330) et St Georges des Agouts (17150).

 

On trouve enfin Barrême (04330) dans les Alpes de Hautes Provence, et Castillon (06500) dans les Alpes Maritimes.

 

9. Bibliographie

 

Allibert C. (abbé -), « Manuel d'histoire locale. Guide pour la rédaction des monographies historiques, contenant plusieurs indications spéciales à la Provence. Avec une préface de M. G. Fagniez », Aubanel Frères, Avignon, 1913

Montfort (passim). Mention d’une inscription chrétienne gravée (VIème) à St Donat

 

Andrieu Auguste (abbé -), « Histoire de Montfort », Barbaroux, Digne, 1884

 

Artefeuil Charles d'-, « Histoire héroique et universelle de la noblesse de Provence » (blasons, 2 volumes), Chez la Veuve Girard, Avignon, 1757-1759. Nouvelle édition (3 volumes), Avignon, 1776-1786. Edition de Blois, 1906. Reprints : Editions Jeanne Lafitte, Marseille, 1970 et 1997 (5 tomes en 3 volumes, avec planches d'armoiries).

L'épître dédicatoire est signée Artefeuil, pseudonyme collectif adopté par P. J. L. Gaillard de Longjumeau, L. C. M. Armand de Rousset et l'abbé Capris de Beauveser. Cependant, Quérard (« Supercheries », volume I, page 387) attribue ce nobiliaire à un certain Louis Ventre, seigneur de la Touloubre. C'est le plus important nobiliaire de Provence, qui fournit de nombreuses biographies, généalogies, descriptions d’armoiries, illustrées dans 9 planches dépliantes. L’original, ainsi que les suppléments et tables donnés par E. de Rozière et le baron du Roure (début XXème), sont rares.

 

Féraud J. J. M. (abbé -) (1810-1897), « Histoire, géographie, et statistique du département des Basses Alpes », Vial Imprimeur-Libraire, Digne, 1861

 

Hozier Charles, « Armorial général de France. Vingt neuvième volume, côté P3. Provence, Première partie. Table alphabétique », années 1696 et suivantes

Contient de nombreux dessins de diverses armoiries (personnages, villes, etc)

 

Société scientifique et littéraire des Basses Alpes, « Bulletin », Imprimerie Chaspoul, Constans et Veuve Barbaroux, Digne, 1884

L’étude de l’abbé Andrieu a été publiée en 7 parties dans les bulletins n° 12 (pages 29-39), 13 (pages 77-84), 14 (pages 110-117), 15 (pages 176-183), 16 (pages 211-219), 17 (pages 251-273), 18 (pages 310-327)

 

Torre Michel de la -, « Guide de l'art et de la nature (04 - Alpes de Haute Provence) », Nathan, 1985